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Ou comment favoriser l’émergence de nouveaux projets artistiques ?


Depuis de nombreuses années, Travail Et Culture participe à cette émergence au travers de compagnonnage d’artistes ou de compagnies que ce soit par du préachat, de la coproduction ou par l’accueil en résidence. En outre, nous soutenons de plus en plus des projets de compagnies rhônalpines et iséroises. En effet, ayant des financements Région et Département il apparaît logique de travailler dans ce sens. De plus, il semble important que l’économie culturelle, dans une démarche en termes de développement durable, intègre de plus en plus dans ses perspectives la question du local.

Quelques exemples de préachats lors de la saison dernière

« Un mystérieux voyage en forêt » par la Cie La Fabrique des Petites Utopies conte musical à partir de 6 ans : Depuis quelques années, nous suivons le travail de cette compagnie iséroise. Nous avons déjà accueilli « Kaïna - Marseille » et « Nous sommes tous des K ». Il nous semblait intéressant de soutenir ce projet dans la mesure où c’est la première fois que la compagnie créée un spectacle en direction des tout-petits.

« À table » par la Cie De-ci, De-là danse contemporaine à partir de 3 ans : L’intérêt de ce spectacle résidait dans le fait que la metteuse en scène de la compagnie, Aude Maury, est une artiste clown avec qui nous avons déjà travaillé. Dans cette nouvelle création, c’est son approche clownesque de la danse qui nous a intéressé.

« Erik et Satie » par la Cie Le Ver à Soie danse contemporaine à partir de 6 ans : Nous connaissons très bien Frédéric Verschoore, chorégraphe de cette toute jeune compagnie, puisqu’il intervient dans le cadre des « classes qui dansent » dispositif départemental Éducation Nationale en danse contemporaine que nous portons depuis de nombreuses années sur notre territoire. En outre, il était danseur au sein de la Cie 47/49 de François Veyrunes, compagnie que nous avons accompagnée durant 3 saisons.

Dans le cadre de résidences artistiques territoriales

Depuis plus de 3 saisons, nous travaillons à la mise en place de résidences territoriales qui s’inscrivent en termes de temporalité sur une durée de 2 à 3 ans. Comme nous l’avons expliqué précédemment, ces résidences nous permettent d’articuler les aspects liés à la diffusion, à l’éducation artistique et à la création. Durant la saison 2013/2014, la base artistique de ce projet a été la création « Tocca Tram » du groupe Tram des Balkans avec la claveciniste Violaine Cochard. Il s’agissait d’une rencontre entre l’univers des Balkans et la musique baroque. Durant cette résidence, nous avons pu expérimenter cette articulation entre création/diffusion/éducation tout en développant un axe en direction des communes rurales de notre territoire en s’appuyant sur le Centre Social « les 4 vents » basé à St Romain de Surieu.

Lors de la saison 2014/2015, le projet a pris une autre ampleur avec Stracho Temelkovski. En effet, tout en soutenant la création de son nouveau spectacle « Nerazdeleni trio » accueilli en janvier 2015, nous avons développé une résidence au sein du collège Frédéric Mistral à St Maurice l’Exil dans le cadre du Contrat Educatif Isérois (dispositif du Conseil Départemental de l’Isère) en partenariat avec le Conservatoire du Pays Roussillonnais. En outre, Stracho Temelkovski a pu bénéficier directement d’une aide du Conseil Départemental de l’Isère dans le cadre de cette « résidence territoriale ».

3 axes majeurs de ces résidences territoriales 

2 résidences territoriales lors de la saison 15/16

>> « Caravane » par la Cie Pas de Loup – danse contemporaine : Pièce nomade pour 2 danseuses et 1 caravane – une co-création entre la Cie Pas de Loup et la danseuse Emeline Nguyen (Cie les Osposés)

Nous avons travaillé sur l’idée de développer des modes de coopération avec des acteurs culturels des territoires limitrophes au nôtre. En effet, étant confrontés aux mêmes questionnements il nous semblait intéressant de travailler ensemble autour de problématiques communes. C’est ainsi que le projet « Caravane » a été accueilli par le théâtre de Givors, le théâtre de Vienne ainsi que la Communauté de Communes des Portes DrômArdèche. Ce projet s’est construit suite à une réflexion sur la participation de chacun dans le cadre de la « Belle saison ».

Ce projet de création en espace public, adaptable en intérieur (étape ultérieure)
est co-chorégraphié et interprété par Isabelle Raquin et Emeline Nguyen.
 « La caravane, habitat mobile, nomade, adaptable à divers terrains - du bitume à l'herbe fraiche des prairies, en passant par la terre battue - est au point de jonction entre l'intérieur en tant qu'habitat et l'espace extérieur.
 CARAVANE est une chimère loufoque et remorquable pour deux danseuses, des jalousies et quatre méduses mutines.
 Les deux femmes, différentes et identiques à la fois, évoluent dans cet habitat nomade sans jamais vraiment en sortir.
 CARAVANE est une ode à ce moment si spécifique du départ en vacances, la voiture chargée, les vitres ouvertes, en écoutant un bon vieux rock.
 Ce spectacle se propose à l'imagination des uns et des autres, pour un voyage au gré de ses propres fantasmagories.
 Création interprétée à l'intérieur de la caravane, le public restant à l'extérieur. »

La compagnie a été accueillie en résidence de création durant 2 semaines en septembre dernier dans différentes écoles du territoire. Elle est revenue en juin afin de présenter le spectacle. Parallèlement, durant l’année scolaire, Isabelle Raquin et Emeline Nguyen sont intervenus dans le cadre du dispositif « Les classes qui dansent ».

>> Stracho Temelkovski – musique du monde :  Pendant plus de 3 ans, nous avons soutenu ce jeune musicien grenoblois d’origine macédonienne. Après avoir coproduit et accueilli ses 2 premiers spectacles « Sonouvam » et « Nerazdeleni trio », nous avons continué ce soutien notamment durant cette saison avec le projet « Nouvel ancrage » qui traitait des différentes vagues d’immigration en lien avec l’industrialisation de notre territoire. Le rendu de ce projet s’est fait sur le premier week-end de juin 2016.

« Le projet «Nouvel ancrage» est un recueil de témoignages des personnes issues des différentes vagues d'immigrations sur le territoire du pays roussillonnais. Ce recueil sera mis en musique par Stracho Temelkovski et porté à la scène sous forme de "veillée contemporaine". Sur scène, des musiciens, quelques conteurs et slameurs du pays roussillonnais (anciens des cantonnements, immigrés, lycéens) nous racontent leur réalité présente et passée. C'est une veillée, récits et mélodies sont transmis à échelle humaine, les artistes prennent la parole, écoutent, se répondent. » Les textes sont l'écho de leurs vies, de leurs ressentis.
 La musique est le lien, c'est un tissage mélodique et rythmique d'influences méditerranéennes, orientales, africaines, balkanes et d'univers sonores actuels. Un répertoire traditionnel imaginaire.
 Les réalités sociales et intérieures de plusieurs générations se confrontent et s'harmonisent, un contrepoint se crée avec la projection de photos et de vidéos, mettant en image l'histoire des ouvriers, de leur arrivée dans les usines à la réalité d'aujourd'hui.

 2 projets de résidences territoriales pour la saison 16/17 

>> « Auprès de mon arbre » par la Cie Rêve de singe – création - cirque escalade :  Fabien La Sala, jeune metteur en scène de cette compagnie, déjà accueillie avec « Doggy blues », propose une rencontre entre le cirque et l’escalade. L’idée développée est de conjuguer 2 disciplines synonymes de liberté, de poésie, de jeux, de défis aériens et du spectacle de corps, d’objets en mouvement. Le tout dans un univers fait de verticalité, de légèreté et de prise de risque mesurée. Les Arts du cirque, la danse-escalade ont déjà obtenu leurs lettres de noblesse, voici venu le cirque-escalade.

« Une rencontre sous un arbre. Un dialogue des corps. Toucher, frôler, harmoniser, confronter, lâcher… mais surtout construire ensemble… Entité naturelle, végétale et artificielle, porteur d’hommes et dépositaire de mobilier, cet arbre contemporain, doté de magie, exprime ses multiples dimensions dans les dons qu’il fait aux protagonistes… »

>> « Ningyo » par la Cie l’Autre Main - création – arts mélés :  Pour cette nouvelle création, La Cie l’Autre Main, implantée sur le territoire de Beaurepaire, s’inspire librement de l’univers des contes japonais. « Ningyo » est une rêverie sur la relation à deux.

« Entre musique, chant, marionnettes, masques, danse, jonglage et manipulation d’objets, le mélange des arts nous fait voyager entre le temps du conte et celui d’un monde onirique : histoires dans l’histoire, fenêtres ouvertes sur l’inconscient et le sens caché. Esprits de la forêt et de la mer, monstres, créatures mihumaines mi-animales nous livrent leurs secrets sur l’amour et la passion. »

Une plateforme participative solidaire en soutien à ces résidences

La Société Civile est une composante importante de l’histoire de Travail Et Culture. L’association « Les amis de Travail Et Culture » créée lors du changement de statuts participe à la gouvernance de l’établissement public, mais intervient également sur le champ de la médiation en complémentarité avec les professionnels. L’idée de cette plateforme est de lancer une souscription portée par l’association qui, en retour, soutiendrait certains projets dans le cadre des résidences territoriales.

Cette idée est venue du fait que de plus en plus de financeurs publics demandent aux structures culturelles de développer des financements privés. Il nous apparaissait important qu’au côté des entreprises qui seraient susceptibles d’associer leur nom à un projet artistique dans le cadre de mécénat ou sponsoring, la société civile trouve également sa place, amenant du coup une dimension supplémentaire à sa participation dans le cadre de la politique culturelle voulue par les élus.

Mais l’enjeu, c’est que ce type de financement porte sur des projets avec un ancrage territorial fort par le biais d’un travail en direction des publics au travers des résidences territoriales.

Mais aussi en art contemporain

Travail Et Culture développe depuis très longtemps un travail en art contemporain dans le cadre des mêmes missions imparties au spectacle vivant. Après un partenariat avec l’Institut d’Art Contemporain à Villeurbanne, nous avons développé un travail avec le centre de résidence Moly Sabata à Sablons (fondation Albert Gleizes) nous permettant de définir la ligne artistique du projet développé en milieu scolaire « Partage d’œuvres, œuvres en partage ». En outre, en 2012 nous avons accueilli l’œuvre de Pierre David «Nuancier » installée au sein de la médiathèque Elsa Triolet à Salaise sur Sanne. En 2013, le travail avec Pierre David s’est poursuivi dans le cadre d’une commande d’une œuvre pérenne « Les cantonnés », avec le soutien de la commune de Salaise sur Sanne et de la Région Rhône-Alpes. En 2014, en partenariat avec Travail Et Culture, Moly Sabata a accueilli deux artistes en résidence : Gabriel Méo et Jean-Baptiste Bernadet. Une partie de la résidence de Gabriel Méo s’est déroulée au sein du collège de l’Edit à Roussillon. Ces 2 artistes ont pu bénéficier d’une bourse de production de la part de Travail Et Culture. Leurs travaux ont été présentés dans le cadre de l’exposition collective « La loutre et la poutre », une fable sur le décoratif, présentée à Moly Sabata à Sablons et à la Chapelle de Givray à Saint Maurice l’Exil.

Pour cette saison, nous avons pour objectif de développer des coopérations avec des acteurs des territoires voisins : le Groupe d’Art Contemporain à Annonay et la Halle des Bouchers à Vienne. Ces coopérations permettraient ainsi de développer des projets aussi bien en termes de diffusion, de création mais aussi d’éducation artistique.